25 août 2008

“MEMOIRES D’UN ESCLAVE”

“MEMOIRES D’UN ESCLAVE” (Lux édition); traduit de l’anglais par Normand Baillargeon et Chantal Santerre.
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Fréderick DOUGLASS est né escalve vers 1818. Il comprend très tôt l’inhumanité de sa condition d’esclave. Garçon curieux et intelligent,il perçoit aussi très vite l’importance de l”éducation dansla lutte contre la barbarie de l’esclavage. Une de ses maîtresses, ignorante de l’interdiction d’enseigner la lecture à un esclave dans le Sud, va malencontreusement – pour le système esclavagiste - lui enseigner des rudiments de lecture (quelques lettres de l’alphabet). Elle sera sévèrement reprise par son mari et abandonnera une aussi noble tâche. La colère exprimée alors par le maître fait comprendre au jeune Douglass qu’il y a un trésor caché dans l’instruction. Enfant éveillé et rusé, il va entreprendre à partir des rudiments appris de mieux lire d’abord puis d’écrire. Ces connaissances vont contribuer à renforcer une émancippation mentale qu’il a nourrie très tôt. Mentalement émancipé, la nécessité de la libération physique va s’imposer.
En 1838, il arrive à fuir l’enfer sudiste pour une liberté conditionnelle au Nord – celle d’un homme qui vit en permanance sous la ménace d’une dénonciation de la part d’un chassseur de prime qui pourrait le renvoyer vers le Sud; la loi autorisant les propriétaires sudistes à pouvoir rétablir en esclavage des fugitifs établis au Nord. Personnage généreux et épris de liberté, il s’engage dans les mouvements abolitionnistes, discourant sur l’esclavage avec la sincérité et la puissance de celui qui l’a subit en sa chair. Mais l’érudition de cet autodicdate suscite paradoxalement des doutes sur son passé d’esclave. Dans cette première partie de son autobiographie, Douglass répond à ses détracteurs en établissant la légimité de son propos. Pour ce faire, Douglass prend un risque énorme en citant des personnes et des lieux qui figurèrent dans son parcours d’esclave, de sorte qu’il pouvait être facile pour ses anciens maîtres de retrouver sa trace. Ce qui ne manqua d’ailleurs pas de se produire et l’obligea à un exil de deux ans en Grande –Bretagne avant que sa liberté soit rachetée par des amis anglais. Dans son exercice de divulgation d’éléments vérifiables établissant de façon indubitable sa légitimté à parler de l’esclavage, Douglass prend cependant garde à ne rien dire qui pourrait compromettre les projets de liberté de ses frères restés encore enchaînés.
Au final, il livre une autobiographie brillante quant à son éloquence et instructive quant à l’importance de l’éducation pour la libération véritable d’un être.

Posté par segou à 12:11 - Permalien [#]